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Transférer un REER vers un CELI : bonne ou mauvaise idée ? (2026)
Le transfert direct n'existe pas : il faut retirer (et payer l'impôt) puis cotiser. Excellente stratégie dans une année creuse ou avant le Supplément de revenu garanti — erreur coûteuse en pleine carrière.

Le transfert direct n'existe pas : il faut retirer (et payer l'impôt) puis cotiser. Excellente stratégie dans une année creuse ou avant le Supplément de revenu garanti — erreur coûteuse en pleine carrière.
Points clés abordés
- 🔁 Ce qui se passe réellement
- ✅ Les situations où ça se défend vraiment
- ❌ Les situations où c'est une mauvaise idée
- 🧮 Comment procéder si la stratégie s'applique
- ❓ FAQ — Transférer un REER vers un CELI
- 📚 Sources officielles
« Mon REER m'inquiète : quand je vais le sortir, je vais payer plein d'impôt. Est-ce que je devrais le transférer dans mon CELI ? »
La question est excellente, et la première chose à savoir est technique : le transfert direct n'existe pas. Il n'y a aucun mécanisme permettant de déplacer des fonds d'un REER vers un CELI sans passage par la case impôt.
Ce que tu peux faire, c'est retirer du REER — ce qui déclenche l'impôt — puis cotiser le net au CELI. Et selon ta situation, ça peut être une excellente idée ou une erreur coûteuse.
🔁 Ce qui se passe réellement
L'opération se décompose en trois étapes :
- Le retrait du REER. Le montant s'ajoute intégralement à ton revenu imposable de l'année.
- La retenue à la source. L'institution prélève un pourcentage immédiatement, variable selon le montant retiré et la province. Ce n'est qu'une avance : le calcul final se fait dans ta déclaration, où tu peux devoir un solde ou récupérer un excédent.
- La cotisation au CELI, dans la limite de tes droits disponibles.
✅ Les situations où ça se défend vraiment
Le principe est toujours le même : retirer à un taux marginal bas aujourd'hui pour éviter un taux plus élevé plus tard.
1. Une année de revenu faible ou nul
Congé parental prolongé, retour aux études, période sans emploi, congé sabbatique, arrêt de travail, année d'immigration partielle. Ton taux marginal est bas, parfois proche de zéro grâce aux crédits personnels de base.
Retirer un montant qui utilise tes tranches d'imposition les plus basses coûte très peu d'impôt — et transfère l'argent dans une enveloppe où il ne sera plus jamais imposé.
2. La retraite anticipée, avant les rentes publiques
C'est le cas le plus puissant. Entre l'arrêt de travail et le début du RRQ/RPC et de la PSV, beaucoup de retraités traversent des années à revenu très faible.
Retirer du REER pendant cette fenêtre, à taux réduit, permet :
- de réduire le solde du REER/FERR et donc les retraits minimums forcés plus tard ;
- d'éviter la récupération de la PSV au-delà d'un certain revenu ;
- de réduire la facture fiscale au décès, où le solde du REER/FERR devient pleinement imposable d'un coup.
Voir notre guide sur la conversion REER-FERR et l'ordre de décaissement.
3. Un REER constitué à faible taux marginal
Si tu as cotisé au REER pendant des années où ton revenu était modeste — par exemple tes premières années au Canada — tu as obtenu une déduction à faible valeur. Si ton revenu est aujourd'hui beaucoup plus élevé et le restera à la retraite, le REER travaille contre toi. Rééquilibrer vers le CELI pendant une année creuse peut corriger le tir.
4. Un solde de REER modeste chez un futur prestataire du SRG
C'est un cas peu connu et très important. Le Supplément de revenu garanti est destiné aux aînés à faible revenu et diminue rapidement à mesure que le revenu augmente.
Un retrait de REER ou de FERR est un revenu qui réduit le SRG — parfois à un taux de récupération très élevé, qui s'ajoute à l'impôt. Un retrait du CELI, lui, n'a aucun effet sur le SRG.
Pour une personne dont la retraite reposera largement sur la PSV et le SRG, vider un petit REER bien avant 65 ans — idéalement au plus tard l'année de tes 63 ans, puisque le SRG est calculé sur le revenu de l'année précédente — et le loger dans un CELI est souvent l'une des décisions les plus rentables qui soient.
❌ Les situations où c'est une mauvaise idée
Tu es en pleine carrière, à revenu élevé. Tu retirerais à ton taux marginal le plus haut. Tu paies aujourd'hui un impôt que tu aurais probablement payé à taux moindre à la retraite, et tu perds définitivement l'espace REER.
Tes droits CELI sont déjà utilisés. L'argent net n'a nulle part où aller à l'abri de l'impôt.
Tu comptes dépenser l'argent. Alors ce n'est plus une stratégie fiscale, c'est un retrait de consommation — avec toutes ses conséquences.
Tu prévois utiliser le RAP ou le REEP. Ces programmes permettent de sortir du REER sans impôt pour l'achat d'une première propriété ou un retour aux études. Retirer de façon imposable avant d'y avoir pensé serait dommage.
🧮 Comment procéder si la stratégie s'applique
- Estime ton revenu total de l'année, en incluant le retrait envisagé.
- Calcule le montant qui reste dans une tranche d'imposition basse, en tenant compte des seuils de récupération de prestations.
- Étale sur plusieurs années plutôt que de tout faire d'un coup — c'est presque toujours plus efficace.
- Vérifie tes droits CELI dans ton dossier de l'ARC avant de cotiser. Le CELI est un compte fédéral : même au Québec, c'est l'ARC (et non Revenu Québec) qui suit tes droits.
- Anticipe la retenue à la source : sur plusieurs retraits, elle peut être insuffisante et te laisser un solde à payer en avril.
- Cotise immédiatement au CELI — l'argent qui traîne dans un compte chèques finit par être dépensé.
❓ FAQ — Transférer un REER vers un CELI
Non. Les transferts directs libres d'impôt existent entre REER et FERR, entre REER et CRI, ou vers le REER d'un ex-conjoint dans le cadre d'un partage. Vers le CELI, il faut obligatoirement passer par un retrait imposable.
Elle varie selon la tranche de montant retiré et la province (les taux diffèrent au Québec, où s'ajoute une retenue provinciale). Point important : plusieurs petits retraits subissent une retenue moindre que le taux réel applicable — tu risques alors un solde à payer. Ce n'est pas une économie, seulement un report.
Non, jamais — sauf pour les retraits effectués dans le cadre du RAP ou du REEP, qui doivent être remboursés selon un calendrier. Un retrait ordinaire fait disparaître le droit de cotisation utilisé, définitivement.
Attends le 1er janvier suivant pour bénéficier du nouveau droit annuel, ou place le montant dans un compte non enregistré. Ne cotise jamais en excédent : la pénalité mensuelle sur l'excédent s'accumule rapidement et l'ARC la réclame avec intérêts.
Oui, et c'est parfois avantageux. Retire du CELI (sans impôt) et cotise au REER pour obtenir une déduction — pertinent si ton taux marginal est élevé aujourd'hui. Le droit de cotisation CELI retiré revient le 1er janvier suivant, ce qui rend l'opération peu coûteuse en espace fiscal.
Peut-être, mais dans l'autre sens. Tes droits CELI commencent à s'accumuler à partir de l'année où tu deviens résident (et à partir de 18 ans), tandis que tes droits REER dépendent de ton revenu gagné déclaré au Canada. La première année, ton taux marginal est souvent bas : c'est plutôt le moment de privilégier le CELI, ou de cotiser au REER en reportant la déduction à une année de revenu plus élevé. Voir notre comparatif REER vs CELI.
