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Payer 20 ans, encaisser un revenu non imposable, transmettre libre d'impôt : la police avec participation (2026)
Denise verse environ 200 $ par mois sur une police au nom de son petit-fils. Vingt ans plus tard, si tout se passe comme projeté, elle n'a plus rien à payer. On décortique l'illustration : ce qui est garanti, ce qui ne l'est pas, le revenu de retraite non imposable par nantissement, et à qui cette stratégie convient vraiment.

Denise verse environ 200 $ par mois sur une police au nom de son petit-fils. Vingt ans plus tard, si tout se passe comme projeté, elle n'a plus rien à payer. On décortique l'illustration : ce qui est garanti, ce qui ne l'est pas, le revenu de retraite non imposable par nantissement, et à qui cette stratégie convient vraiment.
Points clés abordés
- 👵 Pourquoi ce sont souvent les grands-parents qui souscrivent
- 👶 Le cas : Denise, 63 ans, et son petit-fils Léo
- 🔒 Ce qui est garanti
- 📈 Ce que ça pourrait donner : la projection au barème courant
- 📉 Et si le barème baisse ? Le scénario à −1 %
- 🧮 Le rendement, remis en perspective fiscale
- 🏦 Le nantissement : un revenu non imposable à la retraite
- 🎛️ Tout est modulable
- ✅ À qui ce scénario convient — et à qui il ne convient pas
- 👨👦 Et pour un parent, pas un grand-parent ?
- 📌 Ce qu'il faut retenir avant de signer
- ❓ FAQ — L'assurance vie avec participation
- 📚 Sources officielles
Une grand-mère aisée s'assoit avec son conseiller. Sur la table, une illustration : une police d'assurance vie avec participation souscrite sur la tête de son petit-fils, né il y a trois semaines. Environ 200 $ par mois pendant vingt ans. Puis, si tout se passe comme projeté, plus rien à payer. Et au bas de la dernière page, un capital-décès qui se compte en millions.
C'est un produit qui fait rêver — et c'est exactement pour ça qu'il faut apprendre à lire l'illustration avant de signer.
L'assurance vie avec participation est une assurance vie permanente dont une partie est garantie (la prime de base, le capital de base, une valeur de rachat minimale) et dont le reste croît grâce à des participations qui ne sont pas garanties. Bien utilisée, elle sert à trois choses : payer une vingtaine d'années puis plus rien, tirer un revenu non imposable à la retraite en donnant la police en garantie d'un prêt, et transmettre un capital libre d'impôt. C'est un outil pour une situation précise : revenu élevé, REER, CELI et REEE déjà maximisés, et un horizon qui se compte en décennies.
On va suivre un cas concret, ligne par ligne.
👵 Pourquoi ce sont souvent les grands-parents qui souscrivent
Le produit se vend beaucoup « pour les enfants ». Dans les faits, ceux qui ont les moyens de bien l'utiliser sont plus souvent les grands-parents.
- Ils ont généralement épuisé leurs abris fiscaux : REER converti, CELI plein. Le capital excédentaire dort dans un compte non enregistré où chaque rendement est imposé, année après année.
- Ils ont déjà un objectif de transmission en tête.
- Ils veulent laisser quelque chose de durable à leurs petits-enfants — le REEE, lui, est souvent géré par les parents.
- Ils ont la capacité budgétaire : les jeunes parents sont encore en phase hypothèque, garderie et REEE.
- Souscrire sur un enfant en pleine santé verrouille son assurabilité au coût le plus bas qui existe, à vie.
👶 Le cas : Denise, 63 ans, et son petit-fils Léo
Denise, 63 ans, est retraitée. Son REER est devenu un FERR, son CELI est plein, et elle paie de l'impôt au taux marginal maximal (53,31 % au Québec en 2026) sur ses revenus de placement et ses retraits. Le REEE de son petit-fils Léo est déjà ouvert par les parents. Denise veut lui bâtir une base permanente et, au passage, sortir un peu de capital du compte non enregistré où il est imposé chaque année.
Elle souscrit une police iA PAR Patrimoine sur la tête de Léo. Elle en est la titulaire et la payeuse.
| Élément | Montant | Statut |
|---|---|---|
| Montant d'assurance vie de base | 138 417 $ | garanti |
| Prime de base | 82,47 $/mois (989,64 $/an) | garantie à vie |
| Option de dépôt supplémentaire (ODS) | 118 $/mois (1 416 $/an) | facultative, modulable |
| Total déboursé | 200,47 $/mois pendant 20 ans, soit 48 112 $ | ensuite : plus rien (voir éclipse de prime) |
Ici, l'ODS de 1 416 $/an est déjà le maximum permis pour ce contrat : c'est le « turbo » à sa puissance maximale. Denise pourra le réduire quand elle veut, jamais l'augmenter au-delà.
🔒 Ce qui est garanti
C'est la première colonne à regarder, et la seule qui ne dépend d'aucune hypothèse. Elle suppose qu'aucune participation n'est jamais versée et que la prime de base est payée.
| Âge de Léo | Valeur de rachat garantie | Capital-décès garanti |
|---|---|---|
| 20 ans | 12 609 $ | 138 417 $ |
| 40 ans | 32 256 $ | 138 417 $ |
| 65 ans | 77 002 $ | 138 417 $ |
C'est le plancher. Quoi qu'il arrive aux marchés, aux taux d'intérêt ou aux résultats de l'assureur, Léo a au minimum ça.
📈 Ce que ça pourrait donner : la projection au barème courant
Les participations sont la part non garantie. Chaque année, le conseil d'administration de l'assureur fixe un barème de participations à partir des résultats de son compte des contrats avec participation. Le scénario « principal » d'une illustration suppose que le barème en vigueur aujourd'hui reste identique pour toute la durée du contrat — une hypothèse, pas une promesse.
Denise choisit l'affectation bonifications d'assurance libérée : les participations achètent de l'assurance vie permanente déjà payée, qui gonfle à la fois le capital-décès et la valeur de rachat.
| Âge de Léo | Valeur de rachat totale | Capital-décès total |
|---|---|---|
| 20 ans | 70 121 $ | 513 760 $ |
| 30 ans | 117 356 $ | 610 848 $ |
| 40 ans | 202 506 $ | 752 439 $ |
| 65 ans | 817 748 $ | 1 433 113 $ |
| 90 ans | 3 086 263 $ | 3 506 545 $ |
À 30 ans, Léo aurait environ 117 000 $ de valeur de rachat accessible — de quoi appuyer une mise de fonds ou un projet. À 65 ans, plus de 800 000 $. À 90 ans, un capital-décès de 3,5 millions versé libre d'impôt à ses bénéficiaires.
Le rendement, tel que l'illustration le calcule
L'illustration chiffre elle-même le rendement, et il faut le lire honnêtement :
- Si Léo rachetait la police : le rendement est nettement négatif les dix premières années (les frais d'acquisition absorbent l'essentiel des premières primes). Il repasse au-dessus de zéro vers la 11ᵉ ou 12ᵉ année, atteint environ 3,6 % à 20 ans, puis se stabilise autour de 5,2 % à long terme.
- À l'échéance naturelle, au décès : le rendement sur les sommes versées est d'environ 9 % à 40 ans, 6,2 % à 65 ans, 5,4 % à 90 ans.
Ce ne sont pas des rendements spectaculaires. Leur intérêt est ailleurs : ils sont nets d'impôt, et le capital-décès est reçu sans impôt. On y revient plus bas.
📉 Et si le barème baisse ? Le scénario à −1 %
Une illustration conforme montre toujours un scénario défavorable : ici, le taux d'intérêt qui sert à calculer le barème de participations est abaissé immédiatement d'un point de pourcentage (par exemple de 6,35 % à 5,35 %), pour toujours. L'écart est frappant.
| Âge de Léo | Capital-décès, barème courant | Capital-décès, barème −1 % |
|---|---|---|
| 20 ans | 513 760 $ | 461 103 $ |
| 65 ans | 1 433 113 $ | 803 306 $ |
| 90 ans | 3 506 545 $ | 1 541 181 $ |
À 90 ans, une baisse permanente de 1 % fait passer le capital projeté de 3,5 M$ à 1,5 M$ — moins de la moitié. La valeur de rachat suit la même logique.
🧮 Le rendement, remis en perspective fiscale
C'est ici que le produit prend son sens — pour une minorité de gens.
Le rendement au décès de l'illustration (environ 5,4 % à 90 ans, 6,2 % à 65 ans) est net et non imposable. Pour obtenir 5,4 % net dans un compte non enregistré, un contribuable au taux marginal maximal (53,31 %) aurait besoin d'un placement qui rapporte :
5,4 % ÷ (1 − 0,5331) ≈ 11,6 % par an, avant impôt. À 65 ans, l'équivalent grimpe à environ 13 %.
Aucun placement prudent ne vise ces rendements. C'est tout l'intérêt et toute la limite du produit : il ne « bat » un placement classique que pour quelqu'un qui est déjà au sommet de son taux d'imposition, qui a épuisé REER, CELI et REEE, et dont l'argent dormirait autrement dans un compte pleinement imposable. Pour tous les autres, un portefeuille à frais bas dans un régime enregistré fait mieux, avec plus de souplesse.
🏦 Le nantissement : un revenu non imposable à la retraite
C'est l'usage le plus puissant du produit, et le moins connu.
À la retraite, plutôt que de racheter la police (et de payer l'impôt sur le gain), on donne sa valeur de rachat en garantie d'une marge de crédit auprès d'une institution financière.
- Les sommes tirées de la marge sont un prêt, pas un revenu. Elles ne sont pas imposables et n'entrent dans aucun calcul de revenu (récupération de la PSV, Supplément de revenu garanti, crédits).
- Les intérêts s'accumulent, souvent capitalisés sur le prêt lui-même.
- Au décès, le capital-décès (libre d'impôt) rembourse d'abord le prêt. Le solde va aux héritiers, libre d'impôt.
Sur les chiffres de Léo, au barème courant : à 65 ans, la valeur de rachat projetée est d'environ 818 000 $ et le capital-décès d'environ 1,43 M$. Les prêteurs avancent une portion de cette valeur de rachat — souvent de 50 % à 90 % selon l'établissement et le programme, parfois jusqu'à 100 %. Léo pourrait ainsi tirer un revenu d'appoint annuel non imposable pendant des décennies, pendant que le capital-décès (qui continue de croître, jusqu'à ~3,5 M$ projetés à 90 ans) reste largement suffisant pour éponger le prêt accumulé et laisser un héritage. Attention : c'est la valeur de rachat, pas le capital-décès, qui fixe la limite du prêteur. Si le prêt et ses intérêts capitalisés croissent plus vite que la valeur de rachat (environ 5,5 % par année entre 65 et 90 ans dans cette projection), le plafond est atteint et le prêteur peut exiger un remboursement, ce qui peut forcer un rachat imposable.
Le même mécanisme s'applique à un adulte qui détient une police avec participation depuis vingt ans et arrive à la retraite — pas seulement au petit-enfant dans plusieurs décennies.
🎛️ Tout est modulable
Une police avec participation n'est pas figée à la signature. Les leviers principaux :
- Le montant de l'ODS. Denise verse 1 416 $/an, le maximum de son contrat. Elle peut le réduire ou l'arrêter en tout temps si son budget change ; elle ne pourra jamais le remonter au-dessus du montant prévu à la proposition.
- L'affectation des participations. Quatre options, modifiables en tout temps sans aucune exigence médicale : bonifications d'assurance libérée (croissance), réduction de la prime, versement au comptant (imposable seulement sur la portion qui dépasse le coût de base rajusté), ou dépôt avec intérêts. On peut commencer en mode croissance, puis basculer vers un versement quand on veut du revenu.
- L'éclipse de prime. Dès que les participations annuelles estimées atteignent le montant de la prime — projeté ici à la 21ᵉ année —, on peut cesser de payer : ce sont les participations qui règlent la prime. Ce n'est pas automatique : il faut le demander à son conseiller et changer l'option d'affectation pour « réduction de la prime ». Et ça dépend des participations qui se matérialisent : ce n'est pas garanti.
- L'accès aux liquidités. Rachat partiel, avance sur police, ou nantissement. Une avance est imposable sur la portion qui dépasse le coût de base rajusté ; un rachat partiel, lui, est imposable en proportion dès le premier dollar (le coût de base rajusté est réparti au prorata de la valeur de rachat retirée) ; le nantissement ne l'est pas.
- La propriété. La police peut être transférée à Léo devenu majeur, généralement sans incidence fiscale immédiate (transfert entre parent, ou grand-parent, et enfant assuré).
- La résiliation. Possible en tout temps par le titulaire.
✅ À qui ce scénario convient — et à qui il ne convient pas
| Ça peut convenir si… | Ça ne convient pas si… |
|---|---|
| Ton taux marginal est élevé et stable | Ton budget est serré ou variable |
| REER, CELI et REEE sont déjà maximisés | Tes régimes enregistrés ne sont pas pleins |
| Tu as une capacité d'épargne excédentaire durable | Tu pourrais avoir besoin de cet argent d'ici 10-15 ans |
| Ton objectif est la transmission ou la croissance très long terme | Tu cherches un rendement à court ou moyen terme |
| La prime reste soutenable même si ton revenu baisse | Tu es mal à l'aise avec une part non garantie |
| Ton horizon se compte en décennies | Tu veux de la flexibilité totale sur ton capital |
Si tu hésites entre temporaire et permanente, notre guide honnête sur le sujet détaille les trois cas où la permanente se justifie vraiment. Si l'objectif réel, ce sont les études, le REEE reste imbattable.
👨👦 Et pour un parent, pas un grand-parent ?
Le produit fonctionne aussi quand c'est un parent qui souscrit sur son enfant. Julien, 40 ans, met la même chose en place pour son fils Noah. La mécanique est identique.
La différence est budgétaire : à 40 ans, beaucoup de parents n'ont pas encore la capacité d'épargne excédentaire nécessaire. Hypothèque, garderie, REEE à remplir, protections du revenu à financer — dans cet ordre. Une police avec participation qui force à sacrifier le REEE ou l'assurance des parents est un mauvais calcul. Quand les bases sont là et qu'il reste de la marge, elle devient un excellent complément.
📌 Ce qu'il faut retenir avant de signer
- La prime de base, le capital de base et la valeur de rachat garantie sont garantis. Tout le reste dépend du barème de participations, qui n'est pas garanti.
- Les dix premières années, la valeur de rachat est inférieure aux primes versées. C'est un engagement de long terme, pas un placement liquide.
- Lis toujours trois colonnes : garantie, barème courant, barème réduit.
- L'ODS, l'affectation des participations et l'éclipse de prime se modifient en cours de route — souvent sans examen médical.
- Ça vient après les régimes enregistrés, pour un contribuable au taux fort avec un horizon très long. Sinon, un portefeuille à frais bas fait mieux.
❓ FAQ — L'assurance vie avec participation
Une assurance vie permanente à deux étages. Un étage garanti : prime de base fixe, capital de base, valeur de rachat minimale. Un étage non garanti : chaque année, l'assureur peut verser une participation, calculée selon un barème qui dépend du rendement de ses placements, de la mortalité, des déchéances et de ses dépenses. Ces participations, selon l'option choisie, achètent de l'assurance libérée, réduisent la prime, sont versées au comptant ou déposées avec intérêts. Elles font croître le capital-décès et la valeur de rachat au fil du temps, sans garantie.
Seulement la première colonne : la prime de base, le capital de base et la valeur de rachat garantie. Les colonnes « barème courant » et « barème courant moins 1 % » sont des projections. Le barème réel peut être plus élevé ou plus bas, et il est révisé chaque année. Une illustration n'est pas un contrat.
Une contribution facultative, en plus de la prime, qui achète de l'assurance libérée additionnelle et accélère la croissance de la valeur de rachat et du capital-décès. Elle n'est disponible que si l'on choisit les bonifications d'assurance libérée comme affectation des participations. Son montant est plafonné à ce qui est prévu à la proposition : on peut le réduire ou l'arrêter en tout temps, jamais le dépasser.
Le moment où les participations annuelles estimées deviennent suffisantes pour payer la prime à ta place. À partir de là, tu peux cesser de débourser. Dans l'exemple, c'est projeté à la 21e année. Ce n'est pas automatique : il faut le demander à son conseiller et changer l'option d'affectation des participations. Et comme ça repose sur des participations non garanties, l'échéance peut être plus tardive si le barème baisse.
Non, parce que ce n'est pas un revenu : c'est un prêt garanti par la valeur de rachat de la police. Tu empruntes, tu ne retires pas. Les intérêts s'accumulent, et au décès le capital-décès rembourse le prêt avant de verser le solde aux bénéficiaires, libre d'impôt. C'est une stratégie qui exige une valeur de rachat déjà accumulée, un prêteur, et une structuration avec un fiscaliste — pas une opération à faire seul ni dans les premières années du contrat.
Non, si l'objectif est de financer des études : les subventions du REEE (30 % et plus au Québec avec l'IQEE) sont un rendement immédiat qu'aucune police ne peut égaler. Remplis le REEE d'abord. La police avec participation répond à un autre besoin : transmettre un capital, verrouiller l'assurabilité de l'enfant, et faire croître à l'abri de l'impôt un surplus qui déborde déjà des régimes enregistrés.
En général oui, dès qu'il réside au Canada, selon le statut d'immigration de la famille. Les enfants de résidents permanents sont admissibles chez la plupart des assureurs ; pour les détenteurs de permis, les critères varient selon le produit et le capital demandé. Un conseiller vérifie l'admissibilité exacte avant toute proposition.
Le titulaire peut transférer la propriété à l'enfant majeur. Ce transfert entre un parent, ou un grand-parent, et l'enfant qui est l'assuré n'entraîne généralement pas d'impôt immédiat. L'enfant reçoit alors une police déjà payée (ou presque), avec sa valeur de rachat et son assurabilité verrouillée.
📚 Sources officielles
- AMF — Autorité des marchés financiers — Assurance vie
- Agence de la consommation en matière financière du Canada — Assurance vie permanente
- Agence du revenu du Canada — Polices d'assurance vie exonérées
- Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes (ACCAP) — Ligne directrice sur les illustrations d'assurance vie
- iA Groupe financier — Assurance vie avec participation
- Revenu Québec — Décès et succession
