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Retraite au Canada : l'erreur à 60 ans qui ampute ta pension de 36 % à vie (2026)
Prendre sa rente RPC ou RRQ à 60 ans la réduit de 36 % à vie ; la reporter peut l'augmenter de 42 à 58,8 %. L'âge de décaissement et la stratégie de retrait expliqués.

Prendre sa rente RPC ou RRQ à 60 ans la réduit de 36 % à vie ; la reporter peut l'augmenter de 42 à 58,8 %. L'âge de décaissement et la stratégie de retrait expliqués.
Points clés abordés
- Décaisser à 60, 65 ou 70 ans : ce que ça change vraiment
- La PSV aussi se reporte (et c'est souvent oublié)
- Le Québec va encore plus loin : le RRQ jusqu'à 72 ans
- « Même en France, l'âge change tout »
- La stratégie : décaisser dans le bon ordre
- Quand décaisser tôt reste le bon choix
- Questions fréquentes
La plupart des gens demandent leur rente publique dès 60 ans — « pour en profiter pendant qu'on est en santé » ou par peur de « perdre » de l'argent. Dans bien des cas, c'est l'erreur financière la plus coûteuse de toute une retraite. Décaisser à 60 ans plutôt qu'à 65 ans réduit ta rente du RPC ou du RRQ de 36 % — à vie.
Autrement dit : ta retraite au Canada est probablement plus grande que tu le penses. Pas parce que tu vas cotiser davantage, mais parce qu'un seul choix — l'âge de décaissement de tes régimes — change radicalement le montant que tu touches chaque mois, pour le reste de ta vie.
Cet article ne réexplique pas tout le système de retraite canadien. Pour les bases (RPC, RRQ, PSV, SRG, les trois piliers), consulte notre guide complet de la retraite au Canada. Ici, on se concentre sur une seule décision : à quel âge décaisser tes régimes publics, et dans quel ordre puiser dans ton épargne.
Décaisser à 60, 65 ou 70 ans : ce que ça change vraiment
Le RPC et le RRQ appliquent tous deux un ajustement permanent selon l'âge où tu commences à toucher ta rente :
Avant 65 ans : ta rente est réduite d'environ 0,6 % par mois d'anticipation — jusqu'à −36 % à 60 ans.
Après 65 ans : ta rente est bonifiée de 0,7 % par mois de report — jusqu'à +42 % à 70 ans.
Voici l'effet de l'âge, année par année, de 60 à 70 ans :
| Âge de décaissement | Ajustement vs 65 ans | Tu touches… |
|---|---|---|
| 60 ans | −36 % | 64 % de ta rente |
| 61 ans | −28,8 % | 71,2 % |
| 62 ans | −21,6 % | 78,4 % |
| 63 ans | −14,4 % | 85,6 % |
| 64 ans | −7,2 % | 92,8 % |
| 65 ans (référence) | 0 % | 100 % |
| 66 ans | +8,4 % | 108,4 % |
| 67 ans | +16,8 % | 116,8 % |
| 68 ans | +25,2 % | 125,2 % |
| 69 ans | +33,6 % | 133,6 % |
| 70 ans | +42 % | 142 % |
La PSV aussi se reporte (et c'est souvent oublié)
La PSV — versée à 65 ans à la quasi-totalité des résidents — peut elle aussi être reportée jusqu'à 70 ans. Chaque mois de report ajoute 0,6 %, soit +36 % à 70 ans. Beaucoup de gens l'encaissent automatiquement à 65 ans sans savoir qu'ils laissent ce levier sur la table.
Un point à surveiller : la PSV est sujette à une récupération fiscale si ton revenu net dépasse un certain seuil (autour de 90 000 $, indexé chaque année). Reporter la PSV pendant que tu décaisses d'autres revenus imposables peut justement t'aider à rester sous ce seuil — c'est l'un des intérêts d'une vraie stratégie de décaissement.
Le Québec va encore plus loin : le RRQ jusqu'à 72 ans
Si tu as travaillé au Québec, tu cotises au RRQ plutôt qu'au RPC. Le principe d'ajustement est le même, mais le Québec offre trois particularités qui rendent le report encore plus intéressant.
1. Le report possible jusqu'à 72 ans. Là où le RPC plafonne à 70 ans (+42 %), le RRQ permet de reporter jusqu'à 72 ans, pour une bonification maximale de +58,8 %. Deux années de plus à +0,7 % par mois.
| Âge de décaissement | Bonification RRQ |
|---|---|
| 70 ans | +42 % |
| 71 ans | +50,4 % |
| 72 ans (maximum) | +58,8 % |
2. La réduction avant 65 ans dépend de ta rente. Le facteur de réduction pour un décaissement anticipé varie entre 0,5 % et 0,6 % par mois : plus ta rente est élevée, plus la réduction se rapproche de 0,6 %. Les rentes plus modestes sont un peu moins pénalisées.
3. Plus de cotisations obligatoires après 65 ans. Depuis 2024, si tu as 65 ans ou plus et que tu reçois déjà ta rente, tu peux cesser de cotiser au RRQ même si tu continues à travailler. Tes années à faible revenu après 65 ans ne réduisent plus le calcul de ta rente non plus.
« Même en France, l'âge change tout »
Si tu viens de France, le principe ne te dépaysera pas — le système français applique exactement la même logique :
La décote : liquider sa pension avant d'avoir tous ses trimestres entraîne une minoration permanente d'environ 1,25 % par trimestre manquant (jusqu'à −25 %).
La surcote : continuer à travailler au-delà du taux plein donne au contraire une majoration de 1,25 % par trimestre supplémentaire, soit +5 % par an.
Bref, qu'on parle du RPC, du RRQ ou du régime général français, l'âge de liquidation n'est jamais neutre. Partir « le plus tôt possible » par réflexe, c'est presque toujours accepter une rente plus faible pour le reste de sa vie.
La stratégie : décaisser dans le bon ordre
Reporter ses régimes publics, c'est bien — encore faut-il vivre entre-temps. C'est là qu'entre en jeu la stratégie de décaissement : pendant les années où tu retardes ta rente publique, tu puises dans ton épargne personnelle, dans un ordre réfléchi.
L'idée générale — à valider avec un conseiller selon ta situation :
| Ordre | Compte à décaisser | Pourquoi |
|---|---|---|
| 1 | Comptes non enregistrés et liquidités | Déjà imposés ; servent de « pont » en attendant 65-72 ans |
| 2 | REER / FERR | Imposable au retrait — à étaler sur les années à faible revenu |
| 3 | CELI (en dernier) | Croissance et retraits libres d'impôt : à garder le plus longtemps |
Trois points clés, sans entrer dans tous les détails :
Le REER devient un FERR à 71 ans. Au plus tard le 31 décembre de l'année de tes 71 ans, ton REER doit être converti en FERR ou en rente. Le FERR impose ensuite un retrait minimum annuel (environ 5,3 % à 71 ans, croissant avec l'âge). Tu ne choisis plus de « ne pas y toucher ».
Décaisser le REER tôt est souvent malin. Beaucoup de retraités ont intérêt à retirer une partie de leur REER entre 60 et 71 ans, pendant que leur revenu imposable est encore bas. Cela évite de se retrouver après 72 ans avec rentes publiques + retrait minimum FERR qui font grimper le taux d'imposition et déclenchent la récupération de la PSV.
Le CELI, on le garde. Ses retraits ne sont pas imposables et ne comptent pas dans le calcul de la récupération de la PSV ni du SRG. C'est l'outil le plus précieux à conserver en fin de parcours — ou à transmettre.
Quand décaisser tôt reste le bon choix
Reporter n'est pas une règle absolue. Décaisser à 60 ou 62 ans peut être le bon choix si :
- ta santé ou ton espérance de vie sont réduites — le report n'est gagnant que si tu vis assez longtemps (le « point mort » se situe souvent autour de 81-82 ans) ;
- tu as besoin du revenu maintenant et aucune autre source pour faire le pont ;
- tu as un faible revenu et tu comptes sur le SRG — qui n'est versé qu'à partir de 65 ans, ce qui change le calcul ;
- continuer à reporter t'obligerait à t'endetter ou à vendre des actifs à perte.
La bonne décision n'est jamais « 60 ans par défaut » ni « 72 ans systématiquement » : c'est celle qui correspond à ta santé, à tes autres revenus et à ton plan de décaissement global.
Questions fréquentes
📚 Sources officielles
- Canada.ca — Pension de retraite du RPC : montants et âge
- Retraite Québec — La rente de retraite du RRQ
- Canada.ca — Reporter le premier versement de la PSV
- Canada.ca — Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR)
📖 Pour aller plus loin
- La retraite au Canada : guide complet RPC, RRQ, PSV, SRG
- Le REER au Canada : guide complet 2026
- Le CELI au Canada : guide complet 2026
- REER vs CELI : lequel choisir ?
