Tu es travailleur autonome au Canada et tu te demandes ce qui arriverait à tes revenus si une blessure ou une maladie t’empêchait de travailler ? Tu n’es pas seul. Selon l’Enquête sur la population active de Statistique Canada (janvier 2026), le pays compte environ 2,7 millions de travailleurs autonomes. Or, environ 1 travailleur sur 4 connaîtra une période d’invalidité de plus de 90 jours avant l’âge de 65 ans. Contrairement aux salariés, tu n’as ni congés de maladie payés, ni assurance collective de ton employeur. Ta capacité à générer des revenus est littéralement ton actif le plus précieux, et c’est cet actif qu’il faut protéger.
Dans ce guide complet, on fait le tour de toutes tes options : les protections publiques auxquelles tu as droit (assurance-emploi, RPC/RRQ, CNESST), l’assurance invalidité individuelle offerte par iA Groupe financier, et les erreurs à éviter. Si tu veux aussi comprendre les autres assurances sur la personne, consulte notre article sur les assurances pour les nouveaux arrivants au Canada.
C'est quoi exactement l'invalidité au Canada ?
Au Canada, l’invalidité désigne toute condition de santé qui t’empêche d’exercer ton travail habituel. Contrairement à d’autres pays (comme la France où l’on distingue « incapacité » et « invalidité »), ici le terme « invalidité » couvre autant les situations temporaires que permanentes.
Définition officielle
Selon le gouvernement du Canada, une invalidité est une condition qui t’empêche d’exercer régulièrement une activité rémunératrice, qui est prolongée ou susceptible d’entraîner le décès, et qui est attestée par un professionnel de la santé qualifié.
Types d'invalidité
L’invalidité peut prendre plusieurs formes. On distingue généralement l’invalidité physique (blessures musculo-squelettiques, maladies chroniques, accidents, problèmes cardiaques) et l’invalidité liée à la santé mentale (dépression, anxiété, épuisement professionnel ou burn-out, troubles de stress post-traumatique). Selon l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP), la santé mentale représente environ 30 % de toutes les réclamations d’invalidité au Canada, ce qui en fait l’une des causes les plus fréquentes.
Important : L’invalidité peut être partielle ou totale, temporaire ou permanente. La distinction est cruciale, car les prestations et les conditions d’admissibilité varient considérablement selon le type d’invalidité.
Les protections publiques pour les travailleurs autonomes
Avant de parler d’assurance privée, voyons ce que le gouvernement offre. Spoiler : c’est limité, mais ça existe.
L'assurance-emploi maladie (programme volontaire)
En tant que travailleur autonome, tu n’es pas automatiquement couvert par l’assurance-emploi. Tu dois t’inscrire volontairement au programme de prestations spéciales de l’AE pour travailleurs autonomes sur Canada.ca.
Conditions d'admissibilité (2026) :
- Être inscrit au programme volontaire d’assurance-emploi via Mon dossier Service Canada
- Avoir attendu 12 mois après l’inscription avant de faire une demande
- Avoir gagné un revenu net minimum de 9 254 $ en travail autonome pour l’année précédente (basé sur 2025)
Prestations et montants (2026) :
- Taux de remplacement : 55 % de ta rémunération hebdomadaire moyenne
- Maximum : 729 $ par semaine (2026)
- Durée maximale — prestations de maladie : 26 semaines (depuis décembre 2022)
- Délai de carence : 0 semaine (mesure temporaire jusqu’au 11 avril 2026, normalement 1 semaine)
Cotisations : Tu paies 1,64 $ par tranche de 100 $ de revenu (1,31 $ au Québec en raison du RQAP). La cotisation maximale est d’environ 1 077 $ en 2025. Sources : Cotisations AE – Canada.ca
Bon à savoir : Les travailleurs autonomes au Québec sont déjà couverts par le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) pour les prestations parentales. En s’inscrivant au programme fédéral d’AE, ils obtiennent en plus les prestations de maladie, de compassion et pour proches aidants.
La rente d'invalidité du RPC / RRQ
Bonne nouvelle : en tant que travailleur autonome, tu cotises automatiquement au Régime de pensions du Canada (RPC) ou au Régime de rentes du Québec (RRQ) lorsque tu produis ta déclaration de revenus. Cela te donne droit à une rente d’invalidité si tu deviens incapable de travailler.
Au Québec — Rente d’invalidité du RRQ (2026) :
- Montant maximum : 1 737,67 $ par mois (pour les moins de 60 ans)
- Composée d’un montant fixe de 610,43 $ + un montant variable selon tes cotisations
- Condition : être déclaré invalide par l’équipe médicale de Retraite Québec (invalidité grave et permanente)
- Cotisation travailleur autonome : 12,6 % sur les revenus entre 3 500 $ et 74 600 $
- Source : Retraite Québec – Rente d’invalidité
Hors Québec — Prestation d’invalidité du RPC (2026) :
- Montant maximum combiné (invalidité + survivant) : 1 756,14 $ par mois
- Composée d’un montant de base de 598,49 $ + un montant selon tes cotisations
- Cotisation travailleur autonome : 11,9 % sur les revenus jusqu’à 74 600 $
- Source : Canada.ca – Prestation d’invalidité RPC
Attention : La rente d’invalidité RPC/RRQ couvre uniquement l’invalidité grave et prolongée. Si tu as une invalidité temporaire (quelques mois), tu n’y auras pas droit. C’est là que l’assurance privée prend tout son sens.
Les protections provinciales : CNESST et WSIB
Au Québec, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) offre une protection en cas d’accident de travail. Cependant, la plupart des travailleurs autonomes ne sont pas automatiquement couverts par la CNESST. Tu peux t’inscrire volontairement comme « travailleur autonome ou exploitant d’entreprise », mais c’est une démarche que beaucoup ignorent.
En Ontario, la Workplace Safety and Insurance Board (WSIB) offre un programme similaire avec inscription volontaire pour les travailleurs autonomes.
Pourquoi l'assurance invalidité privée est indispensable
Résumons la situation : l’AE maladie est limitée à 26 semaines et à 729 $/semaine maximum, la rente RPC/RRQ ne couvre que l’invalidité grave et permanente, et la CNESST/WSIB ne te couvre pas automatiquement. Résultat : si tu veux te protéger correctement en cas d’invalidité temporaire ou prolongée, il faut prendre une assurance toi-même.
Les avantages de l'assurance invalidité individuelle
L’assurance invalidité individuelle présente des avantages majeurs par rapport aux programmes publics. Tu choisis le montant de couverture mensuelle selon ta rémunération ou tes dépenses. Tu es propriétaire du contrat, ce qui signifie que tu peux le modifier ou le résilier à tout moment. Le délai de carence est flexible (de 14 jours à 119 jours selon tes besoins), la durée de couverture peut aller jusqu’à 65 ans, et surtout, les prestations versées sont non imposables. Enfin, certains programmes permettent l’indexation des prestations au coût de la vie et offrent des options de remboursement des primes si tu n’as jamais réclamé.
Source : iA Groupe financier – Assurance invalidité et salaire
| Critère | AE Maladie | Rente RPC/RRQ | Assurance privée (iA) |
|---|---|---|---|
| Inscription | Volontaire 12 mois d’attente |
Automatique Via déclaration de revenus |
Volontaire Effet dès l’acceptation |
| Type d’invalidité couvert | Temporaire (maladie, blessure) | Grave et prolongée seulement | Temporaire + prolongée + permanente |
| Montant maximum | 729 $/semaine (~3 159 $/mois) |
1 738 $/mois (RRQ) ~1 756 $/mois (RPC) |
Jusqu’à 15 000 $/mois |
| Durée maximale | 26 semaines | Jusqu’à 65 ans | Jusqu’à 65 ans (75 ans accident) |
| Imposable ? | Oui | Oui | Non imposable |
| Frais d’entreprise couverts | Non | Non | Oui (jusqu’à 15 000 $/mois) |
| Délai de carence | 0 semaine (temporaire 2026) | 4 mois minimum | 14 à 119 jours (au choix) |
Les 5 erreurs les plus courantes des travailleurs autonomes
1. Croire que « ça n’arrive qu’aux autres » Avec 1 travailleur sur 4 touché par une invalidité de plus de 90 jours avant 65 ans, les probabilités sont réelles. Et la santé mentale (burn-out, dépression) est l’une des causes les plus fréquentes de réclamation au Canada.
2. Compter uniquement sur l’assurance-emploi maladie L’AE maladie offre un maximum de 729 $/semaine pendant 26 semaines. Si tes dépenses mensuelles dépassent 3 000 $, cette couverture ne suffira pas. Et si ton invalidité dure plus de 6 mois, tu n’as plus rien.
3. Attendre d’être malade pour s’assurer L’assurance invalidité doit être souscrite avant que tu en aies besoin. Si tu développes un problème de santé, tu pourrais te voir refuser une couverture ou devoir payer des surprimes. Le meilleur moment pour t’assurer, c’est maintenant.
4. Négliger la protection de tes frais d’entreprise Quand tu es invalide, non seulement tu perds ton revenu, mais les frais fixes de ton entreprise continuent de courir (loyer, assurances, téléphone, comptable, etc.). Le Programme Supérieur d’iA offre spécifiquement une couverture frais généraux d’entreprise pouvant aller jusqu’à 15 000 $ par mois.
5. Ne pas combiner les protections La stratégie optimale est de combiner les protections publiques (AE maladie + RPC/RRQ) avec une assurance privée. L’assurance privée vient compléter le revenu là où les programmes gouvernementaux s’arrêtent.
Exemple concret : Marc, graphiste autonome au Québec, gagne 65 000 $ par an. Il se blesse au dos et ne peut pas travailler pendant 8 mois. Sans assurance privée, il recevrait au maximum 729 $/semaine de l’AE maladie pendant 26 semaines, puis plus rien. Avec un Programme Supérieur d’iA couvrant 3 500 $ par mois, il reçoit des prestations non imposables qui complètent l’AE, puis prennent le relais une fois les prestations publiques terminées. Il peut ainsi se concentrer sur sa guérison sans s’inquiéter pour son loyer d’atelier et ses factures.
Travailler avec un conseiller en sécurité financière
L’assurance invalidité est un produit technique dont les conditions varient selon ton profil professionnel, tes revenus et tes besoins. Un conseiller en sécurité financière peut t’aider à évaluer précisément ton besoin de protection, choisir le bon produit et le bon délai de carence, et optimiser ta couverture en fonction de ton budget.
Pour une analyse personnalisée, si tu es aussi propriétaire d’un bien immobilier, consulte notre article sur l’assurance hypothécaire au Canada : banque vs assureur privé pour comprendre comment protéger aussi ton prêt hypothécaire en cas d’invalidité.
FAQ — Assurance invalidité pour travailleurs autonomes
Un travailleur autonome a-t-il droit à l'assurance-emploi maladie ?
Quelle est la différence entre l'assurance invalidité et l'assurance maladie grave ?
Les prestations d'assurance invalidité privée sont-elles imposables ?
Puis-je souscrire une assurance invalidité sans examen médical ?
Combien de temps faut-il attendre avant de recevoir des prestations ?
Est-ce que mes cotisations au RPC/RRQ me protègent en cas d'invalidité ?
Ressources officielles
- Prestations AE pour travailleurs autonomes – Canada.ca
- Prestation d’invalidité du RPC – Canada.ca
- Rente d’invalidité du RRQ – Retraite Québec
- Cotisations RRQ – Retraite Québec
- Assurance invalidité et salaire – iA Groupe financier
- Programme Supérieur – iA Groupe financier
- Programme Acci-Jet – iA Groupe financier
- Enquête population active, janvier 2026 – Statistique Canada
En résumé
En tant que travailleur autonome, tu n’as pas le luxe d’un filet de sécurité employeur. Les programmes publics (AE maladie, RPC/RRQ) offrent une protection de base, mais avec des limites importantes en durée et en montant. L’assurance invalidité individuelle, notamment les produits d’iA Groupe financier, est la seule façon de vraiment protéger ton revenu et tes frais d’entreprise en cas de coup dur. N’attends pas d’en avoir besoin : la meilleure assurance est celle que tu as en place avant qu’un problème ne survienne.